samedi 3 mai 2008

Les travaux de Jeffrey Schwartz sur les troubles obsessionnels-compulsifs (1ère partie)

Au cours des années 1980 et 90, le psychiatre Jeffrey M. Schwartz (de l'université de Californie à Los Angeles) a élaboré un traitement des troubles obsessionnels-compulsifs basé sur la plasticité du cerveau. En voici un résumé. Pour les personnes désirant en savoir plus à ce sujet, vous pouvez consulter la liste des livres recommandés.


Bref rappel : le trouble obsessionnel-compulsif est une maladie neuropsychiatrique caractérisée par des pensées intrusives, répétitives et "non voulues" par la personne, lesquelles entrainent un besoin irrépressible de réaliser certains comportements (la plus connue par le grand public est l'obsession-compulsion de se laver les mains, mais il en existe beaucoup d'autres).


Dans un 1er temps, Jeffrey Schwartz a réalisé des scanners cérébraux (technique d'imagerie médicale) visant à comparer des personnes avec un trouble obsessionnel-compulsif et des personnes ne présentant pas ce trouble. L'objectif était de mieux comprendre le trouble sur les plans neuroanatomique et neurophysiologique afin de pouvoir, sur base de cette meilleure compréhension, élaborer un traitement plus efficace de cette maladie. Sans entrer dans les détails, cette analyse a démontré que 3 parties précises du cerveau sont "hyperactives" chez les personnes avec un trouble obsessionnel-compulsif.


Dans un 2ème temps, le psychiatre a progressivement élaboré un traitement de type cognitif-comportemental (voir la 2ème partie) et l'a appliqué avec des personnes obsessionnelles-compulsives. L'idée générale était de créer un traitement qui "normaliserait" le fonctionnement hyperactif des parties du cerveau impliquées dans la maladie et, par conséquent, diminuerait les symptômes de manière significative. Pour vérifier l'impact du traitement sur le cerveau, un scanner cérébral était administré avant le début du traitement et après la fin de celui-ci.


Le traitement, parfois en combinaison avec une médication antidépressive, a donné de bons résultats, même avec des personnes souffrant d'un trouble obsessionnel-compulsif sévère. Comme nous le verrons dans la 2ème partie de ce message, le traitement avait pour objectif de créer de nouvelles connexions neuronales en "affaiblissant" le circuit neuronal impliqué dans la maladie (c'est-à-dire le circuit formé par les 3 parties simultanément "hyperactives"). Les scanners réalisés après le traitement chez les personnes dont les symptômes avaient diminué de manière significative ont clairement montré des différences dans le fonctionnement de leur cerveau, avec une diminution de l'activité dans les 3 zones impliquées.


Ainsi, cette recherche a pu démontrer qu'un traitement cognitif-comportemental (faisant, entre autres, appel à la volonté consciente et dirigée de la personne) a eu pour conséquence de modifier le fonctionnement électro-chimique de certains circuits neuronaux.
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